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Château Beau-Séjour Bécot 1982 Magnum — Saint-Émilion Grand Cru

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Price

€180.00

Château Beau-Séjour Bécot 1982 en magnum : l'un des derniers millésimes étiquetés « Premier Grand Cru Classé » avant le déclassement de 1986, né du vignoble que Michel Bécot venait d'agrandir. Wine Spectator lui a donné 92/100.

  • Appellation : Saint-Émilion Grand Cru (l'étiquette porte l'ancienne mention « Saint-Émilion Premier Grand Cru Classé Contrôlée »)
  • Classement en 1982 : Premier Grand Cru Classé B (1969)
  • Cépages du vignoble : Merlot 70 %, Cabernet Franc 24 %, Cabernet Sauvignon 6 %
  • Format : magnum 150 cl, mis en bouteilles au château
  • Garde : à boire maintenant
  • Service : 15-16 °C, décantation pour le dépôt seulement

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Notes de Dégustation

En 1998, Wine Spectator décrivait un 1982 encore jeune, à la robe très sombre, au nez floral et de fruits mûrs avec une pointe terrienne, et à la bouche pleine, mâchue, douce de fruit, aux tanins bien intégrés.

Les dégustations récentes publiées sur CellarTracker racontent la suite. Servi en magnum en 2021, le vin montrait une robe grenat sombre, un nez de cuir de selle, de poivre blanc et de baies mêlées, puis une bouche de cerise noire, de mûre, de prune et de framboise, portée par une acidité encore vive et des tanins de moyenne fermeté. En 2022, un autre amateur relevait le vieux cuir, le cassis et la prune, puis, en 2023, un poivre blanc dominant en finale.

Où en est-il ? Pleinement tertiaire, et variable selon la conservation : plusieurs flacons de format standard ou plus petit, ouverts entre 2000 et 2012, ont été jugés fatigués. C'est ici que le magnum compte : son volume ralentit l'évolution et lui donne une marge de fraîcheur que la bouteille n'a plus toujours.

Accords Mets & Vins

  • Lamproie à la bordelaise — spécialité du Libournais, dont la sauce au vin rouge et aux poireaux épouse les notes de cuir et de fruit cuit d'un merlot de quarante ans
  • Pigeonneau rôti, jus court — une chair fine et un peu ferreuse qui ne couvre pas un vin désormais délicat
  • Ris de veau aux morilles — la texture fondante et le sous-bois des morilles accompagnent les arômes tertiaires sans les écraser
  • Fricassée de cèpes à l'ail et au persil — l'accord automnal classique pour un Saint-Émilion évolué
  • Saint-Nectaire fermier — une pâte souple à croûte de cave, plus sûre qu'un fromage affiné et salé face à un vin de cet âge

Conservation & Service

Conservation : couché, entre 12 et 14 °C, à l'abri de la lumière et des vibrations. Le vin n'a plus rien à gagner en cave : prévoyez de l'ouvrir dans les prochaines années.

Service : redressez le magnum 48 heures avant pour que le dépôt descende. Ouvrez-le avec un tire-bouchon à lames si le bouchon, vieux de plus de quarante ans, paraît fragile. Décantez lentement, juste avant de servir, pour séparer le dépôt et non pour aérer : un vin de cet âge peut s'effacer vite une fois ouvert. Servez vers 15-16 °C.

Le format : 150 cl, soit une douzaine de verres. Le rapport entre l'air du col et le volume de vin est moitié moindre qu'en bouteille, d'où une évolution plus lente et, à âge égal, un vin souvent plus frais.

Terroir & Domaine

Le nom remonte à 1787, quand Jacques de Carles de Figeac baptise sa terre « Beau-Séjour ». Le domaine est partagé en 1869 ; une moitié deviendra Beauséjour Duffau-Lagarrosse. En 1898, le guide Féret place Beau-Séjour derrière seulement Ausone et Belair.

Beau-Séjour Bécot, lui, naît en 1969. Michel Bécot, né en 1921, vendait des pièces automobiles à Bordeaux et cultivait le week-end La Carte, petit vignoble de 4,45 hectares hérité après la guerre. Il emprunte pour acheter sept hectares au Beau-Séjour du docteur Fagouet et ajoute son nom à celui du cru. À la fin des années 1970, il acquiert Trois Moulins, que le Féret de 1874 situait sur l'un des points les plus hauts du plateau, et verse ses raisins, comme ceux de La Carte, dans le grand vin.

Le 1982 est issu de ce vignoble agrandi, sur les argiles du plateau calcaire. L'année est quasi idéale : été chaud et sec, près de trois semaines de chaleur en septembre qui mènent les merlots à maturité, puis deux jours de pluie utiles aux cabernets. Mais l'INAO n'avait jamais validé l'extension : en 1986, le cru perd son rang de Premier Grand Cru Classé. Ce magnum est donc l'un des derniers millésimes de Michel Bécot à porter la mention « Premier Grand Cru Classé ».

Comparaisons

  • Beau-Séjour Bécot 1981 — un millésime éclipsé par 1982, mais des bouteilles récemment ouvertes au domaine se sont montrées remarquablement préservées (The Wine Independent).
  • Beau-Séjour Bécot 1990 — le grand millésime de l'après-déclassement, vendu en Grand Cru Classé et vinifié par Gérard et Dominique Bécot avec tri et vendanges en cagettes ; Wine Spectator 91, Jeff Leve 92.
  • Beauséjour Duffau-Lagarrosse 1982 — l'autre moitié du Beau-Séjour d'avant 1869, sur le même plateau ; comparer les deux montre ce que le partage et les choix de chaque famille ont changé.
  • Cheval Blanc 1982 — selon Jeff Leve, le seul Saint-Émilion vraiment exceptionnel du millésime, dans une année où Pomerol a globalement mieux réussi que Saint-Émilion.

Questions Fréquentes

Pourquoi l'étiquette indique-t-elle « Premier Grand Cru Classé » alors que le cru a été déclassé ?

En 1982, c'est le classement de 1969 qui s'applique, et le cru y figure parmi les Premiers Grands Crus Classés B. Le déclassement n'intervient qu'avec la révision du 23 mai 1986 ; les millésimes suivants portent la mention Grand Cru Classé jusqu'à la repromotion de 1996.


Ce 1982 contient-il les raisins de Trois Moulins, à l'origine du déclassement ?

Oui. Michel Bécot a intégré La Carte et Trois Moulins au grand vin à la fin des années 1970, avant le 1982. C'est précisément cette extension, jamais validée par l'INAO, qui a coûté son rang au cru en 1986.


Un Saint-Émilion de 1982 est-il encore buvable ?

Les notes récentes décrivent un vin pleinement évolué, sur le cuir, la prune et le poivre blanc, mais aussi des bouteilles fatiguées. Le magnum, qui vieillit plus lentement, est le format le plus sûr pour ce millésime ; il est à ouvrir sans plus attendre.


Combien de personnes peut-on servir avec ce magnum ?

Un magnum de 150 cl donne une douzaine de verres de dégustation, soit un dîner de 8 à 10 convives. Prévoyez-le pour une table réunie autour d'un plat de la cuisine bordelaise.


Faut-il le carafer longtemps ?

Non. Redressez le magnum deux jours avant, puis décantez juste avant de servir pour retirer le dépôt. Une longue aération risquerait de faire retomber un vin de plus de quarante ans.


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