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Château Haut-Marbuzet 1989 Magnum — Saint-Estèphe

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€180.00

Château Haut-Marbuzet 1989 en magnum : un été caniculaire, des vendanges ouvertes le 31 août et des merlots d'une maturité inédite, dans un Saint-Estèphe qui leur fait une large place (40 % du vignoble). Jean-Marc Quarin le notait encore 91/100 en 2017.

  • Appellation : Saint-Estèphe
  • Statut en 1989 : Grand Bourgeois Exceptionnel (classement 1978), hors classement de 1855
  • Cépages du domaine : Cabernet Sauvignon 50 %, Merlot 40 %, Cabernet Franc 5 %, Petit Verdot 5 %
  • Format : magnum 150 cl, mis en bouteilles au château
  • Garde : à boire maintenant — 2030
  • Service : 16-17 °C, carafe 30 minutes à 1 heure

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Notes de Dégustation

Jeune, le 1989 séduisait d'emblée : en juin 1990, Izak Litwar lui trouvait une robe rouge sombre, un nez exotique et intense, une douceur de fruit gourmande et une finale longue et soyeuse (90/100). Wine Spectator lui donnait 90 en 1999.

Wine Advocate, de son côté, le jugeait pleinement mûr (86/100) : robe nettement ambrée, nez de cèdre, de cerise confite, d'iode et d'épices, bouche ronde et douce, peu acide. Les dégustations plus récentes nuancent ce verdict. En 2017, Jean-Marc Quarin décrit une robe sombre et évoluée, un nez mûr, fruité et épicé, une bouche ample et savoureuse qui gagne en complexité après le milieu de bouche, avec encore une touche de bois (91/100).

Les amateurs de CellarTracker confirment. En 2020, un magnum ouvert sans carafe montrait des fruits noirs, du champignon et du sous-bois, des tanins fins presque veloutés et de la fraîcheur : « pas fatigué du tout ». Huit bouteilles bues entre 2024 et 2025 ont donné mûre, cassis et sous-bois, une attaque douce et des tanins souples.

Aujourd'hui, le vin est sur son plateau de maturité. Le magnum lui garde de la marge.

Accords Mets & Vins

  • Carré de porc rôti et champignons de Paris farcis — un amateur a vu le vin s'épanouir avec une côte de porc grillée puis des champignons farcis ; le sous-bois du nez y trouve son écho
  • Dinde ou chapon rôti — servi à Thanksgiving par un autre amateur : une volaille festive, à la mesure d'un magnum et d'un vin au fruit encore doux
  • Épaule d'agneau confite, sans sauce à la menthe — l'agneau convient, mais une sauce acide a rendu le vin dilué et amer chez un dégustateur : gardez l'assiette douce
  • Canard aux cèpes — la chair grasse et les cèpes accompagnent le cèdre et le champignon relevés par la critique
  • Comté de 24 mois — ses notes de fruits secs et de noisette prolongent le fruit confit sans heurter un vin de plus de trente-cinq ans

Conservation & Service

Conservation : couché, à 12-14 °C, dans l'obscurité et à l'abri des vibrations. Le vin est à maturité ; bien conservé, le magnum peut attendre jusqu'à la fin de la décennie, mais rien ne sert de le garder plus longtemps.

Service : redressez le magnum 24 à 48 heures avant pour faire descendre le dépôt. Plusieurs amateurs signalent un bouchon qui s'effrite ou tombe dans la bouteille : prévoyez un tire-bouchon à lames. Décantez 30 minutes à 1 heure. Ce 1989 s'ouvre à l'air : une légère odeur de renfermé à l'ouverture disparaît en vingt minutes selon plusieurs dégustateurs, et un verre gardé jusqu'au lendemain s'est montré meilleur encore. Servez à 16-17 °C.

Pourquoi le magnum : les bouteilles de 75 cl de ce millésime ont connu des fortunes diverses, certaines jugées usées dès 2009. Le magnum, qui vieillit plus lentement, est le format le plus sûr ; celui ouvert en 2020 a reçu la meilleure note des dégustations récentes sur CellarTracker (94).

Terroir & Domaine

Un vignoble reconstitué parcelle par parcelle. En 1952, Hervé Duboscq achète 7 hectares à Saint-Estèphe, détachés de l'ancien domaine des MacCarthy, famille jacobite irlandaise installée en Bordelais, puis rachète les parcelles voisines une à une. Son fils Henri le rejoint en 1962 ; c'est « H. Duboscq & Fils » que l'on lit sur l'étiquette de ce 1989, sous la devise « Qualité est ma vérité ».

La croupe de Marbuzet. Les vignes occupent des graves günziennes posées sur un sous-sol argilo-calcaire, entre Cos d'Estournel et Montrose, face à l'estuaire. Vendange manuelle légèrement surmûrie, levures indigènes, élevage en barriques neuves : ce style a valu au cru d'être qualifié par Robert Parker de « Bordeaux le plus sensuel ».

Le millésime 1989. Après un printemps humide, la vigne prend trois semaines d'avance dès mai. L'été est l'un des plus chauds jamais mesurés à Bordeaux, et les vendanges s'ouvrent le 31 août, parmi les plus précoces de l'histoire. Les merlots atteignent 13,5 % à près de 15 % d'alcool potentiel, tandis que bien des cabernets de la rive gauche sont cueillis avant pleine maturité. Pour un Saint-Estèphe à 40 % de merlot, l'année jouait dans son sens.

Comparaisons

  • Haut-Marbuzet 1990 — dégustés côte à côte en 1997, les 1988, 1989 et 1990 se ressemblaient beaucoup ; le 1990 l'emportait par sa douceur et son harmonie, le 1989 montrait un boisé plus marqué.
  • Haut-Marbuzet 1988 — dans la même dégustation, un peu plus de douceur, de boisé et de puissance que le 1989, mais un peu moins d'élégance.
  • Haut-Marbuzet 1982 — l'autre grand millésime solaire de la décennie ; Izak Litwar les a notés tous deux 90/100 en juin 1990, et Wine Spectator a donné 94 au 1982.
  • Montrose 1989 — le voisin de la croupe de Marbuzet, deuxième cru classé, a signé en 1989 son meilleur vin depuis des décennies selon Jeff Leve : un repère pour situer le millésime à Saint-Estèphe.

Questions Fréquentes

Haut-Marbuzet est-il un cru classé ?

Non, il ne figure pas au classement de 1855. En 1989, il portait le titre de Grand Bourgeois Exceptionnel, obtenu au classement des Crus Bourgeois de 1978, et il a été reconnu Cru Bourgeois Exceptionnel en 2003.


Ce 1989 est-il encore bon à boire ?

Oui, à condition d'une bonne conservation. Wine Advocate le jugeait mûr très tôt, mais Jean-Marc Quarin le notait 91 en 2017, et les dégustations de 2023 à 2025 le décrivent en pleine forme. Un magnum ouvert en 2020 n'était « pas fatigué du tout ».


Faut-il le carafer ?

Oui, 30 minutes à 1 heure après avoir redressé le magnum. Le vin s'ouvre à l'air et une éventuelle odeur de cave à l'ouverture se dissipe vite.


Pourquoi le 1989 a-t-il si bien réussi à Haut-Marbuzet ?

1989 a été une année à merlot, qui a atteint des degrés records, alors que beaucoup de cabernets ont été vendangés trop tôt. Avec 40 % de merlot dans son encépagement, Haut-Marbuzet avait de quoi en profiter.


Pour combien de convives prévoir ce magnum ?

Ses 150 cl servent une douzaine de verres, soit une table de 8 à 10 personnes. C'est le format idéal pour suivre l'évolution du vin au fil du repas.


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