Château Beau-Séjour Bécot 1990 Magnum — Saint-Émilion Grand Cru
200,00 €
Château Beau-Séjour Bécot 1990 en magnum : le millésime de la reconquête. Déclassé quatre ans plus tôt, le cru sort ici sous l'étiquette « Grand Cru Classé », vinifié par Gérard et Dominique Bécot dans l'année la plus chaude depuis 1947. Wine Spectator 91, Jeff Leve 92.
- Appellation : Saint-Émilion Grand Cru
- Classement en 1990 : Grand Cru Classé (1986) ; Premier Grand Cru Classé B à nouveau depuis 1996
- Cépages du vignoble : Merlot 70 %, Cabernet Franc 24 %, Cabernet Sauvignon 6 %
- Format : magnum 150 cl, 12,5 % vol.
- Garde : à boire maintenant — 2030
- Service : 15-16 °C, carafe 30 minutes
Quantité
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Notes de Dégustation
Jeune, le 1990 se tenait sur la réserve. En 2000, James Suckling (Wine Spectator) notait une robe rubis sombre, des arômes de framboise, de chocolat et de fleurs, une bouche pleine et mâchue qui retenait encore son fruit.
Vinous décrit ensuite un nez de cerise rouge, de fraise et de pétale de rose touché de sous-bois, plus tendu que celui du 1989, une bouche de corps moyen, charnue, presque carnée, à l'acidité bien placée, et une finale sapide que l'on doit au cabernet franc. Ni démonstratif ni complexe à l'excès : un vin d'équilibre.
En 2017, Jeff Leve le trouvait pleinement mûr : épices, terre, tabac et cerise, une note florale, une texture polie et une finale douce de cerise. Les amateurs de CellarTracker ajoutent, en 2023, la myrtille, le cuir, le cèdre et les feuilles d'automne ; l'un d'eux s'étonne qu'à 33 ans il garde une vraie trame tannique.
Aujourd'hui, le vin est à son plateau. Le magnum lui laisse quelques années de plus que la bouteille.
Accords Mets & Vins
- Carré d'agneau rôti, gratin de poireaux — c'est avec ce plat qu'un amateur l'a noté 94 sur CellarTracker ; la chair rosée répond à la trame charnue du vin
- Canard aux griottes — l'acidité des cerises fait écho à la cerise rouge et à la fraîcheur que les critiques relèvent dans ce 1990
- Épaule de veau confite au jus — une viande tendre pour des tanins désormais polis
- Poêlée de girolles et jus de volaille — prolonge le sous-bois et les feuilles d'automne du nez
- Comté de 18 mois — assez de fruit sec pour dialoguer avec le cèdre et le tabac, sans le sel d'une pâte trop vieille
Conservation & Service
Conservation : couché, à 12-14 °C et environ 70 % d'humidité, loin de la lumière. Le vin est à maturité ; conservé dans ces conditions, le magnum peut attendre jusqu'à la fin de la décennie.
Service : redressez le magnum 24 à 48 heures avant. Un amateur de CellarTracker raconte un bouchon si sec qu'il est tombé dans la bouteille : ayez sous la main un tire-bouchon à lames et un entonnoir filtrant. Décantez environ 30 minutes avant de servir, à 15-16 °C, température que Jeff Leve recommande pour garder de la fraîcheur à ce cru.
Pourquoi le magnum : à trente-cinq ans passés, l'écart avec la bouteille se voit. Moins d'oxygène par litre de vin, une masse thermique plus stable : le fruit rouge décrit par la critique s'y conserve mieux. Un amateur qui a goûté ce 1990 en 2023 dit d'ailleurs garder son magnum encore quelques années.
Terroir & Domaine
Le 1990 est un vin de revanche. En 1986, la révision du classement fait perdre à Beau-Séjour Bécot son rang de Premier Grand Cru Classé : Michel Bécot avait intégré au grand vin les vignes de La Carte et de Trois Moulins, sur le plateau calcaire, sans demander à l'INAO d'étendre le classement à ces parcelles. Selon Juliette Bécot, son père Gérard découvre la nouvelle en achetant le journal ; Michel, effondré, se retire.
Ses fils Gérard et Dominique, à la tête du domaine depuis 1985, choisissent de répondre par la qualité. Gérard refuse l'offre d'une banque qui aurait pris une part du domaine ; les deux frères introduisent les vendanges en vert en 1985, la récolte en cagettes en 1986, les tables de tri en 1988, et s'appuient sur Michel Rolland, qui conseille le cru depuis les années 1980.
L'année 1990 leur donne de quoi travailler : la plus chaude à Bordeaux depuis 1947, floraison précoce et régulière, été sec, fin août caniculaire, puis des pluies de septembre qui arrivent au bon moment. Sur ces argiles de plateau, le merlot mûrit pleinement sans perdre la fraîcheur que les critiques relèvent aujourd'hui. Jeff Leve range 1990 parmi les meilleurs millésimes du château. Six ans plus tard, en 1996, le cru retrouvait son rang.
Comparaisons
- Beau-Séjour Bécot 1989 — l'autre millésime solaire de la paire ; Vinous trouve au 1990 un peu plus de fruit et de tension. Jeff Leve : 89 pour le 1989, 92 pour le 1990.
- Beauséjour Duffau-Lagarrosse 1990 — la moitié sœur issue du partage de 1869, restée Premier Grand Cru Classé en 1986 ; son 1990 a reçu 100/100 de Robert Parker et appartient à un autre registre de concentration.
- Beau-Séjour Bécot 1982 — dernier grand millésime de Michel Bécot, étiqueté Premier Grand Cru Classé ; aujourd'hui plus évolué et plus fragile que le 1990.
- Beau-Séjour Bécot 1998 — noté 98 par Jeff Leve, il montre où a mené le travail engagé par Gérard et Dominique Bécot après 1986.
Questions Fréquentes
Pourquoi ce 1990 est-il étiqueté « Grand Cru Classé » et non « Premier Grand Cru Classé » ?
Parce qu'entre 1986 et 1996, le cru était classé Grand Cru Classé. Il avait été déclassé pour avoir intégré au grand vin les vignes de La Carte et de Trois Moulins sans validation de l'INAO, puis a été repromu Premier Grand Cru Classé B en 1996.
Le déclassement signifie-t-il un vin moins bon ?
Non, c'est une question de statut, pas de qualité. Le 1990 obtient 91 chez Wine Spectator, 90 chez Vinous et 92 chez Jeff Leve, qui le range parmi les meilleurs millésimes du château.
Quelle est la différence avec Beauséjour Duffau-Lagarrosse 1990 ?
Ce sont deux domaines distincts, issus du partage du Beau-Séjour historique en 1869. Beauséjour Duffau-Lagarrosse, dont le 1990 a reçu 100/100 de Robert Parker, a conservé son rang de Premier Grand Cru Classé en 1986.
Faut-il boire ce magnum maintenant ou le garder ?
Il est à maturité : Jeff Leve le jugeait prêt dès 2017. Mais les amateurs lui trouvent encore une trame tannique en 2023, et le magnum, qui évolue plus lentement, peut attendre jusqu'à la fin de la décennie s'il est bien conservé.
Quel est son degré d'alcool ?
12,5 % vol., comme l'indique l'étiquette du magnum. Certaines fiches marchandes annoncent 13 % : l'étiquette fait foi.





